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Créativité Neuroscience

Comment conduire un brainstorming en accord avec les acquis des neurosciences

Les bases de la créativité selon les dernières avancées de la neuroscience

Lorsqu’on parle de brainstorming, on entend souvent une séance de réflexion collective entre plusieurs individus qui se partagent des idées.

Ce qu’on oublie alors c’est que la première sorte de brainstorming se déroule dans le cerveau de l’individu, tirant les informations de réseaux de neurones parfois éloignées. 

Grâce à l’apport de plus en plus riche des neurosciences, on peut désormais comprendre ce processus de créativité interne.

Selon Elkhonon Goldberg dans Creativity : The Human Brain in The Age of Innovation, notre cerveau se constitute de spécificités structurelles responsables de nos nouveaux modèles mentaux.

Il présente notamment une dissymétrie de structure, l’influence prédominante d’une hormone comme la dopamine, des effets de structure et des fluctuations d’activité.

Ces spécificités définissent une méthode possible de brainstorming neuronal, qui tire parti du potentiel créatif du cerveau pour produire un flux d’idées nouvelles. 

Voici comment ces 4 caractéristiques du cerveau peuvent mener à des illuminations intellectuelles.   

Le cerveau droit et le goût pour la nouveauté   

L’opposition entre un cerveau gauche plus rationnel, réflexif et analytique et un cerveau droit plus créatif, émotionnel, imagé est depuis longtemps connue. 

Il est établi que le cerveau droit qui conduit une pensée non linéaire et plus synthétique est plus responsable que le cerveau gauche d’une connexion nouvelle entre nos différents réseaux de neurone. Cette vision a depuis été nuancée et précisée. 

Des études appuyées ont montré notamment que des capacités et des tâches cognitives nouvelles et complexes s’appuient plus sur le cerveau droit, tandis que des capacités déjà acquises et familières vont plus s’appuyer sur le cerveau gauche. 

Le cerveau obéit à un schéma de spécialisation où le cerveau droit répond plus à des tâches nouvelles et donc demandant plus d’agilité et de créativité. Le cerveau gauche prend le dessus quand la tâche rentre dans le domaine des routines.  

Le cerveau gauche travaille donc aussi à gérer des tâches complexes, mais dans la mesure où celle-ci sont déjà cadrées et établies.   

Cela signifie que pour débloquer sa créativité neuronale il faut réussir à sortir de ses routines à établies, pour laisser le cerveau droit plus créatif prendre le dessus. Cela passe par des exercices qui permettent de s’affranchir des cadres de pensées et d’une pensée plus analytique. 

Pour être créatif, il s’agit de se mettre dans des situations nouvelles qui activent notre cerveau droit. 

Lorsque vous commencez à brainstorming individuellement, faites d’abord table rase de vos connaissances et de vos modèles de pensée et posez-vous des questions nouvelles en adoptant des perspectives imprévues.  

S’il s’agit de créer une nouvelle campagne marketing, prenez par exemple la perspective d’un consommateur qui participerait à sa création ou changer les rôles et prenez le rôle de celui qui critiquerait la campagne.  

De cette manière, vous mettez votre cerveau droit au travail et pouvez commencer à traiter le sujet différemment.  

Le cortex préfrontal et l’importance de la Générativité

En dehors de cette disymétrie de structure, une importance nouvelle a été accordé au cortex préfrontal, ajout relativement récent de l’évolution, qui a le rôle d’assembler les représentations mentales contenues dans le cerveau, comme des pièces de puzzle. 

En accédant aux anciens contenus mentaux et en étant capable de les manipuler selon un but précis, cette partie du cerveau est responsable de la générativité de nos idées, constituant notre “mémoire du futur”.   

Ses capacités singulières du cortex préfrontal font de plus en plus l’objets de spéculations concernant la nature de ses neurones. 

Les derniers apports des neurosciences cherchent à définir ces contenus mentaux manipulées par le cortex préfrontal, révélant notamment l’existence de neurones spécifiques capables de contenir simultanément des traces de mémoire de long-terme. 

Ces neurones pyramidaux particulièrement longues sont spécifiquement présents dans le cortex préfrontal et peuvent copier momentanément des réseaux de neurones d’origine disparates. Ils permettent ainsi de juxtaposer durant un certain dans sa tête des idées et des images d’endroits différents et de les transformer en une idée nouvelle. 

Ce qu’elles nous apprennent, c’est que plus nous avons d’idées différentes dans la tête, plus nous serons capables de créer de la nouveauté, puisque  

Pour conduire son brainstorming neuronal, il s’agit donc d’avoir à portée le plus grand nombre d’idées différentes possibles, de sorte à ce que nos neurones créent des connections singuliérement originales. 

Par exemple, dans votre brainstroming misez avant tous sur la quantité en faisant des listes d’une vingtainte, trentaines d’idées différentes. Vos découvertes ne reposeront pas sur l’usage d’une idée excellente mais sur la séléction rigoureuse d’idées générées abondamment.  

Le Rôle de la dopamine et de l’attention

En général, la structure du cerveau en soi ne suffit pas à expliquer les étincelles de créativité qui parfois nous passe par la tête. Il faut aussi introduire une notion de saillance, c’est-à-dire la capacité à distinguer ce qui est important de ce qui l’est moins. 

Avoir un esprit créatif exige aussi d’être animé par une motivation interne à concevoir de nouvelles choses, opposé à une motivation justifiée par des contraintes externes. 

Notre cerveau oscille entre un task mode network et salient mode network, selon qu’il est soumis à des trigger d’attention intérieur ou extérieur. 

L’hormone de la dopamine a le rôle spécifique d’attirer notre attention vers des choses qui sont salientes selon nos préoccupations et nos problèmes intérieurs. C’est elle qui augmente notre persévérance et donc nos novelty-seeking behaviors. 

Nous sommes motivés le plus à l’exploration et à la découverte quand nous sommes capables de distinguer ce qui nous intéresse intrinséquement et que la domapine s’active en nous.  

Pour vous pousser à la créativité, il s’agit donc de vous donner un objectif qui vous passionne réellement et qui vous donne envie d’aller voir plus loin. Cultivez votre curiosité et approfondissez votre intérêt personnel pour les sujets que vous rencontrez. 

Avant de brainstomer, posez-vous ces questions : Quel est mon intérêt personnel que je porte sur ce sujet ? Quel est la nature du désir qui m’anime à résoudre ce problème ?  

En vous imaginant votre vraie motivation à être créatif, vous activerez ainsi vos circuits de dopamine et votre envie de créer.  

Le pouvoir de l’hyperfrontalité et de l’hypofrontalité  

L’activité du cerveau par excellence créatif n’est pas stable et uniforme mais oscille entre deux états : une période d’intense activité du cortex frontal sur une tâche et un objectif précis -l’hyperfrontalité; une période de relâchement et de déambulation du cortex frontal durant les rêves et l’hypnose.  

Ces deux états ne vont l’une sans l’autre et rendent possible le travail créatif. Durant l’éveil ou des moments d’activités focalisées et intenses, le cerveau fait un effort conscient à penser des solutions différentes et à les imbriquer ensemble pour résoudre un objectif. Durant un état onirique ou de rêveries, le cerveau se relâche mais reste actif d’une autre manière : le cortex préfrontal se met à faire des associations directe entre un champ large d’idées et d’images.  

Dans ce dernier cas, le cortex préfrontal peut travailler aussi sur les objectifs éveillés mais fills the gap entre des connections lointaines et prend des perspectives plus  

C’est ce même processus qui pousse les créateurs à la limite de leurs illuminations et qui définit l’étincelle d’inspiration.  

Ce que cela nous explique, c’est qu’une telle illumination ne peut venir exclusivement d’un travail focalisé ou d’un rêve. Cela passe par un effort intellectuel conscient dans la réalisation d’un objectif, qui peut ensuite être étendu et tordu dans un état de distraction et de rêve. 

Pour augmentre votre créativité, il s’agit de passer d’un état focalisé à un état distrait le plus souvent possible. C’est là la recette d’un véritable brainstorming neuronal. 

A votre tour de vous lancer dans ce processus en vous aidant de ces faits scientifiques ! 

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